Les deeptechs, ces startups qui développent les technologies de demain

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NAWA Technologies lancera la production en série de ses supercondensateurs nouvelle génération d’ici fin 2019 suite au succès de son développement technologique. Cette deeptech créée en avril 2013 a mis au point des batteries basées sur des nanostructures de carbone permettant de préserver 5 fois plus d’énergie que les batteries classiques. Ce développement technologique complexe et innovant permet l’amélioration de l’efficacité énergétique tout en minimisant l’impact environnemental de ses procédés de fabrication et de la fin de vie de ses produits. Son ambition est de développer de nouvelles briques technologiques pour et par la transition énergétique.

Cet exemple illustre parfaitement la finalité d’une deeptech : transformer une découverte scientifique en une innovation viable sur un marché. C’est pourquoi le temps de mise sur le marché des produits deeptech est parfois très long et demande un environnement économique favorable et un accompagnement sur-mesure. Cependant, les deeptechs garantissent à la France dynamisme économique et technologies de pointe. C’est pourquoi la Banque Publique d’Investissement (BPI) a décidé de lancer son Plan Deeptech fin janvier 2019 avec pour ambition de faire de la France une Deeptech Nation en 2023.

Qu'est-ce qu'une deeptech ?


BPI France donne la définition d’une deeptech en présentant 4 critères :

  • L’utilisation d’une technologie ou d’une combinaison de technologies de rupture issues d’un laboratoire de recherche ou s’appuyant sur une gouvernance en lien fort avec le monde scientifique. Une technologie de rupture est une innovation technologique qui porte sur un produit ou un service et qui finit par remplacer une technologie dominante sur un marché.
  • Des verrous technologiques difficiles à lever pour atteindre leur objectif car les deeptechs travaillent sur des technologies de pointe.
  • Un avantage concurrentiel important pour les utilisateurs de l’innovation développée par la deeptech. Les batteries de NAWA Technologies permettent d’allier énergie et puissance, autonomie et durée de vie.
  • Un go-to-market long et complexe qui représente le temps et l’investissement déployés en recherche et développement, industrialisation, commercialisation… Une deeptech est bien souvent une entreprise à forte intensité capitalistique. NAWA Technologies a bénéficié de plus de 15 années de R&D pour développer ses batteries ultra-rapides et d’une levée de fonds de 9 millions d’euros pour lancer la production.


Pour résumer, « c’est la technologie utilisable industriellement, directement dérivée de recherches fondamentales », selon Jacques Lewinder, Physicien et inventeur, Professeur et Directeur scientifique honoraire de l’ESPCI.

Un mouvement deeptech mondial, avec un contexte économique favorable en France


Au niveau mondial, entre 2015 et 2018, les investissements privés dans les deeptechs ont augmenté d’environ 20% par an en culminant à 18 milliards de dollars en 2018, d’après un rapport de Hello Tomorrow et Boston Consulting Group publié en mars dernier.

Les Etats-Unis sont évidemment les premiers investisseurs dans la deeptech avec un montant de 8,1 milliards d’euros en 2017. Israël est également un paradis pour les deeptechs. En effet, c’est le pays avec les plus gros investissements par habitant, affichant un score de 1,2 milliards d’euros investis en 2017. Leurs centres de recherche et d’innovation de pointe et leurs universités de très haut niveau en font un pays propice au développement des deeptechs.

En 2017, l’Europe a investi 4,2 milliards d’euros dans les deeptechs. La France était alors le 2ème investisseur européen, derrière le Royaume-Uni, avec un investissement s’élevant à 330 millions d’euros. Cependant, la France manque d’investisseurs qui osent prendre le risque de la deeptech. Par définition, la deeptech nécessite des fonds importants avant même d’avoir un prototype ou suffisamment de preuves pour convaincre l’investisseur de la réussite du projet. « L’industrie du capital-risque s’est beaucoup développée en France mais elle ne couvre pas encore tous les besoins. », expliquait Bruno Le Maire début 2019. Les investisseurs ont donc besoin d’être rassurés et c’est tout l’objectif de BPI France en lançant le Plan Deeptech.

Le premier argument reste celui d’un contexte favorable à l’investissement dans la deeptech française. D’une part, par l’augmentation du capital-risque français, s’élevant à 14,7 milliards d’euros investis d’après un rapport publié par France Invest en mars 2019, et des facilités dont les entrepreneurs disposent aujourd’hui comme, par exemple, le prêt à faible taux ou un nombre croissant de structures d’accompagnement.

D’autre part, l’excellence de la recherche française. En effet, c’est le point de départ de toute deeptech et la France compte bien capitaliser sur l’excellence de ses chercheurs et sur ses équipements de haut niveau.

deeptech

Optimiser l’accompagnement des deeptechs pour faire de la France une « Deeptech Nation »


Il existe en France de nombreuses structures d’accompagnement et de développement des start-ups. On peut citer les incubateurs, les pépinières, avec l’exemple de l’IOT Valley à Toulouse qui joue un rôle central dans le développement des start-ups liées à l’Internet des objets, les SATT (Société d’Accélération de Transfert de Technologie), les accélérateurs, ou encore les couveuses. Les entrepreneurs disposent de nombreuses aides. Cependant, un entrepreneur deeptech est bien souvent un chercheur qui n’a pas eu de formation à l’entrepreneuriat. Il doit alors s’adapter à un nouveau statut, adopter une démarche plus commerciale, protéger ses innovations et découvertes, etc… En bref, il faut qu’il s’adapte au monde de l’entrepreneuriat. Cela n’est pas chose facile et c’est la raison pour laquelle cet entrepreneur d’un nouveau genre a besoin d’un accompagnement ciblé qui est encore trop rare aujourd’hui. L’objectif de BPI France et de son Plan Deeptech est donc de créer davantage de synergies entre chercheurs et entrepreneurs, de rapprocher le monde de la recherche et celui de l’entrepreneuriat pour faciliter l’émergence des deeptechs françaises. Comme le souligne Alain Fuchs, Président de l’université Paris Sciences & Lettres., pour favoriser le développement de la deeptech, il faut “Mettre le chercheur et l’entrepreneur au centre du système, coordonner les acteurs de l’écosystème et réduire les délais de transaction, pour préserver la dynamique des projets.”.

Avant d’arriver à maturité, une deeptech doit faire preuve de patience lors de son développement et s’assurer que le marché sur lequel elle va se positionner est prêt à accueillir son innovation. ESCadrille Toulouse Junior Conseil se positionne aujourd’hui comme accompagnateur de ces entrepreneurs deeptech. ESCadrille est la Junior-Entreprise de TBS Business School, l’école de commerce de Toulouse. Gérée par des étudiants bénéficiant de l’excellence académique de son école, ESCadrille est un pont entre les enseignants-chercheurs internationaux de son école et les entrepreneurs avec qui nous collaborons depuis 41 ans. En réalisant des études stratégiques sur un marché cible ou encore des stratégies marketing et webmarketing, ESCadrille permet aux entrepreneurs de deeptech de se concentrer sur la technologie qu’ils développent, sur leur nouveau statut d’entrepreneur et d’avoir les réponses à leurs interrogations économiques et marketing. ESCadrille est en capacité, grâce à son expérience alliée au dynamisme qui la caractérise, de leur apporter des éléments stratégiques qui les guidera vers la réussite.

Créer une symbiose entre la recherche française et le monde de l’entrepreneuriat passera donc par la compréhension des enjeux de chacun des acteurs et par la création de synergies entre ces derniers afin de construire un écosystème fertile. Ainsi, il mobilisera les compétences nécessaires qui permettront de gagner la confiance des investisseurs. Enfin, ces investissements permettront l’essor d’entreprises maîtrisant des technologies de pointe, donnant ainsi à la France et à l’Europe des avantages compétitifs technologiques face à la Chine et aux Etats-Unis.

Pour en savoir plus sur ESCadrille Toulouse Junior Conseil : nos prestations