Interview : que pensent les PME du conseil ?

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Voici, en lien avec notre dernier article sur les dirigeants de TPE et PME et le Conseil, une interview de M. Michel B., Directeur Général et Directeur Commercial (Marketing, Ventes et Achats) d’Apic SAS, PME située à Argenteuil comptant 36 employés, dont 5 à temps partiel.

Pour vous, qu’est-ce que le conseil ?

Pour moi, le Conseil est une aide à la réorganisation de la société. Il y différents types de consulting, selon les besoins : conseil en stratégie, conseil en management et même pour toutes les autres fonctions de l’entreprise. Il y a plusieurs étapes : la phase d’étude de la société, la phase de recherche de solutions et de conseil, et enfin la collaboration pour l’implémentation des mesures prescrites. Je pense que l’activité de consulting a beaucoup évolué par rapport à il y a quelques années où les cabinets se contentaient d’appliquer des outils stratégiques sans réellement assurer un suivi, avec l’entreprise, du plan stratégique qu’ils proposaient.

Avez-vous déjà fait appel à un cabinet de conseil ?

Non. Lorsque j’ai des besoins, j’essaie dans un premier temps de résoudre les problèmes en interne, tout simplement pour des raisons financières. Si je vois que je ne peux pas m’en sortir, je suis presque certain que personne ne pourra trouver la solution au sein de l’entreprise, car, sans fausse modestie, je n’ai pas le même niveau d’études ni le même nombre d’années d’expérience au sein de l’entreprise que mes collaborateurs. Je me trouve donc contraint à faire appel à des compétences externes.

Comment procéderiez-vous si vous cherchiez à faire appel à un cabinet de conseil ?

Si je devais choisir un cabinet, je demanderais conseil à un ancien de Wharton, où j’ai effectué mon MBA il y a vingt ans, travaillant dans le conseil ; je ferais donc appel à mes connaissances, car ces personnes sauraient m’orienter selon mes besoins et mon secteur d’activité, et j’ai confiance en eux, car je sais qu’ils ont un background solide.

Pensez-vous avoir besoin de Conseil ? Pensez-vous en avoir un jour besoin ?

Bien sûr. J’en ai besoin, j’en aurai besoin. Si j’avais les moyens, je l’utiliserais plus. Mais, étant donné le coût de tels services, il ne faut pas se louper. Les consultants qui aspiraient à passer « senior » à Wharton avaient une blague entre eux. Ils disaient « quand un groupe nous appelle pour que nous étudions leur profitabilité et pour nous demander s’il faut réorganiser la société, on leur dit que de toute façon, une fois que nous serons passés, il y aura besoin de réorganiser la société pour nous payer.»

Pourquoi pourrait-il vous être utile ?

Le problème de la PME, c’est que le gérant est relativement seul face à ses problèmes. C’est pourquoi le conseil permet de bénéficier de compétences externes, le consultant ayant tout de même l’expérience de toutes les situations précédentes auxquelles il a été confronté ; cela permet aussi de prendre un peu de recul, car au rythme où les choses vont, j’ai bien souvent « la tête dans le guidon ». Je pense que si on me donnait une subvention allouée au consulting, j’axerais sur la R&D et en particulier sur la compréhension de la demande dans le secteur de l’industrie. Les problèmes que je rencontre sont bien plus des problèmes de vente que de coûts.

Quels sont néanmoins vos freins ?

L’argent ! Et oui, ça parait bête, mais dans une PME on a des priorités d’un autre ordre. Et puis, globalement, je sais ce que je dois faire, ce sont les moyens qui me manquent. La priorité serait bien davantage d’étoffer le personnel : j’aurais besoin d’un directeur commercial, d’un juriste et d’un DRH. Ces changements seraient plus permanents que de faire appel à un cabinet de conseil. De plus, lorsque l’on rachète une société, on achète un staff. En tout cas, je ne suis pas méfiant envers les cabinets de conseil, ce n’est pas un manque de confiance.

Qu’est-ce qui pourrait vous faire changer d’avis ?

Un don d’un mécène ! Non, sans rire, je crois que le consulting s’adresse davantage aux grosses entreprises, dont les structures sont encroûtées dans des méthodes ou un savoir-faire. Mais le frein principal pour les PME est quand-même l’argent, surtout en temps de crise.

Quels seraient, enfin, vos critères de sélection si vous deviez faire appel à un cabinet de conseil ?

Je pense que le plus important est de trouver un cabinet adapté à son entreprise. Prenons l’exemple de Renault : ils ne peuvent pas choisir n’importe quel cabinet étant donné leur implantation mondiale, il leur faut aussi un cabinet de dimension internationale. Il ne faut pas tomber dans le complexe IBM non plus. Le complexe IBM, c’est cette théorie comme quoi « ce sont les meilleurs, donc je ne peux pas me tromper. » Ça, c’était valable dans les années 60. Bien sûr, les quatre plus grands cabinets sont très bons, mais ce n’est pas forcément la meilleure solution pour toutes les entreprises. L’expertise technique du consultant est, elle aussi, importante. Enfin, il est important que « les conseilleurs soient aussi les payeurs », qu’il y ait un accompagnement dans la phase de réalisation. En ce qui concerne les certifications, je ne doute pas que cela puisse aider des petites structures, mais ce n’est pas un critère pour moi ; je privilégierai la recommandation d’une personne de confiance.

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