L'intelligence artificielle, les enjeux d'une technologie révolutionnaire

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En 1997, un article du New-York Times expliquait que cela prendrait plus de cent ans avant qu’un ordinateur ne batte un humain au jeu de go. Le 27 mai 2017, le programme informatique AlphaGo vient à bout de Ke Jie, champion du monde de ce jeu. La notion d’intelligence artificielle (IA) regroupe l’intégralité des actions mises en œuvre afin de recréer, au travers de machines, l’intelligence humaine.

De plus en plus présente dans nos vies, l’IA s’impose de nos jours dans le monde de l’entreprise comme l’enjeu du futur.

L’histoire de l’Intelligence Artificielle


Né des travaux d’Alan Turing dans les années 1950, ce concept est principalement développé dans son article Computering Machinery and Intelligence. D’où provient d’ailleurs ce qu’on appelle aujourd’hui le test de Turing, test verbal confrontant à l’aveugle un ordinateur et un humain. Suite à la conférence de 1956 sur le campus de Dartmouth College qui marque le commencement de l’intelligence artificielle en tant que domaine de recherche, cette dernière se développe grâce aux travaux de John McCarthy ou encore de Marvin Minsky. Depuis ce jour, l’IA n’a cessé d’être un sujet qui a toujours attisé les plus grands chercheurs.


En 2005 par exemple, un projet extrêmement ambitieux est lancé : le Blue Brain, dont l’objectif était de créer sous dix ans un “vrai” cerveau électronique. En 2010, l’US Air Force se tourne vers l’industrie afin de tirer profit du développement de l’IA. Leur but est clair : *optimiser leur capacité de décision rapide lors des attaques, notamment grâce à une IA leur fournissant de nombreuses données et analyses précises.


Au fil des recherches, deux catégories d’intelligence artificielle se sont distinguées : l’intelligence artificielle forte et l’intelligence artificielle faible. La première, source de nombreux débats, est l’intelligence qui se rapprocherait le plus de l’homme, une intelligence possédant une conscience de soi, de vrais sentiments. L’autre, beaucoup plus sommaire, fait référence à une intelligence pragmatique, utile notamment pour résoudre des équations presque insoluble pour l’homme, développer des systèmes autonomes etc.

L’explosion de l’IA aujourd’hui


À l’ère de la transformation digitale, nombreuses sont les entreprises qui misent sur l’intelligence artificielle afin de s’adapter à la révolution numérique qui perturbe l’architecture traditionnelle des entreprises à tous les niveaux. L’IA, notamment grâce à des algorithmes performants ainsi qu’à l’apprentissage automatique, aussi appelé « deep learning », présente maintenant une productivité supérieure dans de nombreux domaines. Dans son étude « Sizing the prize », le cabinet de conseil PwC estime que le PIB mondial pourrait croître de 14% d’ici 2030 grâce à l’IA et à ses retombées, ce qui correspondrait à 15 700 milliards de dollars. C’est donc un tournant qu’il faut prendre.


Parmi les tâches dans lesquelles l’intelligence artificielle aide, voire remplace l’homme, on retrouve l’analyse et le classement des données, la conduite de véhicules autonomes, mais aussi l’amélioration de la relation client . L’utilisation de l’IA à des fins telles que le scraping pour la récolte de données ou bien l’élaboration de chatbots pour optimiser l’expérience client permet de booster la rentabilité . D’autant que la France est un pays propice au développement du digital et de l’IA.


D’après le rapport Villani paru en mars 2018, « la France a une très grande capacité en recherche en matière d’intelligence artificielle » . Ce dernier identifie quatre secteurs principalement porteurs ; la santé, les transports, l’environnement et la défense. Vous l’aurez compris, l’IA et la transformation digitale représentent une opportunité qu’il ne faut pas manquer !


L’IA en France aujourd’hui :


L’intelligence artificielle en France aujourd’hui


Quelques exemples concrets autour de l’intelligence artificielle


  • La start-up d’Elon Musk, Neuralink. Fondée en 2016, l’objectif de cette start-up n’est autre que de créer des « liens neuronaux » permettant la connexion entre l’humain et la machine, ce qui permettrait d’augmenter nos capacités de plusieurs manières : amélioration de nos performances intellectuelles, sauvegarde de la mémoire ou transmission de nos pensées sans utiliser la parole. Le premier objectif serait médical. En effet, selon Elon Musk, les premiers dispositifs seront prêts d’ici à quatre ans et devront permettre de soigner des lésions cérébrales causées par des AVC, aider les personnes atteintes d’épilepsie, etc.

  • Therapixel : une start-up française cofondée en 2013 par Olivier Clatz et Pierre Fillard qui travaille depuis 2016 sur un programme d’intelligence artificielle d’interprétation d’images médicales. Le projet de cette start-up est de révolutionner la radiologie diagnostique. Grâce à des algorithmes exploitant les réseaux de neurones convolutifs, Therapixel se hisse aujourd’hui parmi les meilleurs diagnosticiens du monde. Elle a d’ailleurs remporté le Digital Mammography Challenge, un concours visant à améliorer les prédictions des mammographies dans la détection précoce du cancer du sein avec un taux de détection de 95%.

  • Le chatbot, qui est un assistant virtuel présent pour répondre à la moindre de vos questions. Le plus connu est bien sûr Siri, l’assistant vocal de chez Apple. Le chatbot est un excellent moyen d’améliorer votre satisfaction client notamment en maximisant la qualité de l’expérience client que vous proposez. L’assistant virtuel apportera directement au client les réponses dont il a besoin et vous permettra aussi de mieux cibler, grâce aux données récoltées, les demandes de vos futurs clients. Mettre en place un chatbot sera donc d’une grande aide dans votre quête d’optimisation de la satisfaction client.

Le potentiel de l'intelligence artificielle par département

Les limites de l’IA


L’intelligence artificielle n’en est encore qu’à ses prémices. Pourtant, plusieurs limites apparaissent déjà :

  • une limite économique qui trouve principalement son origine dans le coût des matériaux ainsi que celui de la main-d’œuvre nécessaire à la recherche et au développement d’une IA efficace. Recruter un data scientist représente par exemple une certaine somme, mais ne constitue pas en soi une réussite assurée. Une entreprise comme Siemens a aujourd’hui 200 spécialistes IA sur différents projets. Il faut donc être conscient des enjeux économiques sous peine de perdre beaucoup.

  • une limite technique : si l’IA s’avère déjà très efficace et même meilleure que le cerveau humain pour certaines tâches, ce dernier reste bien plus puissant et plus complexe que n’importe quel microprocesseur, aussi avancé soit-il. Pour preuve, le nombre d’opérations effectuées par seconde par un ordinateur est largement inférieur à celui du cerveau. À titre indicatif, le cerveau est environ 40 millions de fois plus performant qu’un ordinateur actuel en termes de fréquence. Nous ne connaissons pas encore l’étendu des capacités de notre cerveau, mais une chose est sûre, l’IA ne peut pas encore l’égaler. De plus, nous ne sommes pas encore capables de mettre au point une IA infaillible. C’est en effet ce qu’a prouvé l’accident mortel de la voiture autonome d’Uber qui a percuté le 18 mars 2018 une femme durant une phase de test en Arizona. Le réglage du logiciel de détection à l’égard des « faux positifs » ayant été réglé de manière trop laxiste.

  • une limite éthique qui soulève bien des débats. Même si aujourd’hui l’implémentation d’une IA forte dotée d’une réelle conscience de soi et de capacités cognitives similaires à l’être humain n’est pas encore possible, qu’en sera-t-il dans quelques années ? Que faire si l’IA dépasse l’humain lui-même ? Serons-nous toujours en mesure de contrôler l’IA ? De nombreux spécialistes tels que Stephen Hawking ou bien Elon Musk craignent que l’intelligence artificielle ne prenne à terme le dessus sur l’homme.


Finalement, bien qu’étant une opportunité certaine, l’IA peut aussi représenter un risque qu’il ne faut pas négliger. Dans une société en plein bouleversement numérique, être conscient de l’ensemble des problématiques autour de l’intelligence artificielle est une nécessité afin de pouvoir en tirer pleinement profit.