La génération Z, comment révolutionne-t-elle le marché de l'emploi ?

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Dès aujourd’hui, la génération Z, qui regroupe 67 millions d’individus nés à partir de 1997, débarque peu à peu sur le marché du travail. Ces jeunes, plein d’ambition, de créativité et de soif d’apprendre, représentent le futur des entreprises. En grandissant dans un monde où le numérique est désormais omniprésent, la génération Z appréhende les nouvelles technologies plus naturellement que leur prédécesseur et est, de fait, plus polyvalente. Ils privilégient le travail en équipe, les projets et l’expérimentation. Le travail est alors vu comme une expérience et une source d’épanouissement, et non pas comme une contrainte et une source d’anxiété. Le cabinet RainmakerThinking a réalisé une enquête auprès de milliers de jeunes de la génération Z en leur demandant ce qui comptait le plus pour eux au travail. La réponse a été en majorité « un environnement sûr ».


Il devient urgent pour les entreprises de bien comprendre le rapport de cette jeune génération au monde du travail qui va venir le bouleverser pour ensuite se l’approprier. L’une des problématiques majeures des entreprises aujourd’hui - et plus spécifiquement de la branche des ressources humaines - est de se réinventer pour attirer la génération Z.


Une volonté d’être indépendant

Née à partir de 1997, la génération Z a grandi dans un contexte déséquilibré, marqué par la récession économique mondiale, les crises financières, les menaces terroristes, et le tout en évoluant avec les nouvelles technologies et les médias sociaux. Ainsi, la nouvelle génération est prudente et autonome avec une volonté d’être autosuffisante. Le contexte économique et social fait qu’elle est réservée et anxieuse mais également plus ambitieuse. En effet, ces jeunes sont nés avec la culture DIY (Do It Yourself) qui les a habitués à être autonomes et à résoudre les problèmes seuls efficacement. Pragmatique, cette génération a un esprit d’entrepreneuriat développé : 72 % des lycéens souhaitent un jour créer une entreprise, et 61 % préféreraient être entrepreneurs plutôt que salariés à la sortie de l’université, selon une étude de Millennial Branding. De plus, 80 % d’entre eux pensent que leur génération est mieux adaptée pour faire face à toutes les situations et 72% ne sont pas prêts à recevoir des ordres d’un patron.


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Ce besoin d’indépendance et cette envie d’entrepreneuriat s’allient avec une volonté de lier passion et vie professionnelle. 76% d’entre eux veulent que leurs passions et loisirs se transforment en travail à plein temps. C’est un désir qui existait moins dans les générations précédentes telles que les baby-boomers ou plus récemment la génération Y. Ces générations-ci cherchaient un travail qui leur permettrait d’évoluer professionnellement et d’avoir une carrière ascendante et une bonne situation financière. Aujourd’hui, on constate que la nouvelle génération porte plus d’importance à un travail épanouissant qu’à leur réussite sociale à proprement parler qui n’est, dès lors, plus un ultimatum pour elle. Les sentiments d’utilité et d’accomplissement social sont fondamentaux.


La génération Z attend à son entrée sur le marché du travail de pouvoir évoluer, s’épanouir et comprendre pourquoi on s’investit dans une vie professionnelle. Les jeunes recherchent la possibilité de se développer personnellement et de gagner en maturité grâce au cumul d’expériences professionnelles. La seule volonté de réussite sociale et de sécurité professionnelle ne suffit plus. Cette nouvelle génération recherche davantage une expérience enrichissante et valorisante. Ne cherchant pas forcément à devenir leader, elle cherche à avoir des responsabilités et la confiance des autres. C'est pourquoi ils cherchent à apprendre de leurs aînés afin d'acquérir le maximum de compétences. L'entraide et l'écoute entre toutes les générations de travailleur permettra d'améliorer les performances des entreprises.


La génération Z, une génération d’employés digitaux

Le contexte numérique dans lequel ont évolué les jeunes de la génération Z a eu un impact sur leur consommation mais surtout sur leurs manières de fonctionner et de travailler. En ayant grandi avec le web, les smartphones, les ordinateurs, ils ont eu accès à une multitude d’informations qui a changé leur vision du monde. En 2001, l’enseignant et chercheur américain Marc Prensky a nommé ces ultra-connectés les « Digital Natives ».


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La génération Z a été bercée par les technologies numériques et se compose donc de « digital natives » contrairement à la génération Y qui est constituée de « digital migrants ». Si les nouvelles technologies représentent un outil nécessaire pour les générations précédentes, on peut aujourd’hui dire qu’elles sont indissociables de la génération Z. Ainsi, cette génération a créé une culture de l’immédiateté, de l’accessibilité et de la gratuité, qui influence donc leur mode de travail et de consommation.


Ainsi, l’influence des nouvelles technologies et des médias sociaux a permis aux digital natives d’être polyvalents puisqu’ils ont l’habitude d’exécuter plusieurs tâches en même temps. On peut également dire que le smartphone du « digital native » est sa troisième main qui lui donne accès à son « deuxième cerveau ». En effet, l’accès facilité aux informations via Internet lui permet d’avoir une connaissance variée et immédiate mais surtout sans limite. Cette influence de l’immédiateté lui procure un rapport au temps différent qui aura un impact dans son travail qui sera alors vite et efficace.


Dès lors, les digital natives imposent une nouvelle façon de fonctionner au sein des entreprises par l’utilisation omniprésente du numérique. L’accès à Internet leur a donné les outils nécessaires pour construire une nouvelle manière de travailler. « Ayant grandi avec Internet puis les réseaux sociaux, ils abordent les problèmes en ­s’appuyant sur l’expérimentation, les échanges avec leur entourage et la coopération transverse sur des projets donnés », explique Cécile Fontbonne, qui supervise La Petite Fabrique, une structure du siège d’Orange.

Elodie Gentina, conférencière, auteure et chercheuse autour du thème de la génération Z, a mené une longue enquête auprès de 2 700 digital natives, qui a servi de colonne vertébrale à un livre « Génération Z : Des Z consommateurs aux Z collaborateurs » , où elle montre comment cette génération Z est différente.

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La recherche d’une expérience authentique, qualitative et humaine

La génération Z est également caractérisée par l’envie de trouver un équilibre entre travail et qualité de vie. Elle voit leur début de carrière comme une expérience pour monter en compétences et pouvoir ainsi s’épanouir dans leur milieu professionnel. Les jeunes ne veulent plus exercer un métier qui n’a pas de sens pour eux : ils souhaitent se sentir utiles. 32% des jeunes déclarent pouvoir quitter leur travail du jour au lendemain s’ils n’étaient pas satisfaits.


Cet épanouissement professionnel est nécessairement accompagné d’un environnement de travail humain et valorisant. Selon une étude d’Air of Melty, les jeunes de la génération Z valorisent beaucoup le cadre de travail puisque 78 % estiment que la qualité de vie au travail est importante, et 69 % sont prêts à faire des compromis pour bénéficier d’un bon environnement professionnel. Ces nouvelles générations aspirent à une ambiance de travail agréable puisqu’elles envisagent le travail comme un facteur de bien-être et d’épanouissement et non plus seulement comme une contrainte. C’est pourquoi cette génération veut une relation plus humaine dans l’entreprise en mettant en valeur les « soft skills »


Elodie Gentina met en avant dans son livre « Génération Z : des Z consommateurs aux Z collaborateurs » que l’esprit d’équipe est l’une des principales caractéristiques de la génération Z. Selon elle, ils veulent vivre une expérience et l’authenticité de cette expérience est essentielle. Cela vient en fait de leur culture numérique qui les a habitué à vivre dans une grande communauté et à participer à des projets de groupe. Cette culture numérique leur a également enseigné la qualité et l’instantanéité des relations. Les réseaux sociaux comme Snapchat ou Facebook Messenger leur permettent une proximité et une rapidité qu’ils veulent transposer dans leur milieu professionnel. La communication entre les collaborateurs d’une entreprise va dès lors changer avec cette génération.


Un recrutement à la hauteur de leurs attentes

Dès aujourd’hui, les entreprises doivent s’adapter à la nouvelle génération qui arrive à toute vitesse sur le marché du travail en adaptant dans un premier temps leur recrutement. En effet, ces jeunes représentent l’avenir du monde de l’entreprise et les travailleurs de demain, et imposent alors leurs propres codes du travail. Les entreprises se doivent d’intégrer les jeunes à ce circuit économique tout en ayant l’intérêt d’attirer les nouveaux talents au sein de leur structure. Sans même bénéficier de nombreuses expériences, la génération Z dispose de nombreuses compétences et qualités qui sont uniques et nécessaires à la société dans son ensemble. Didier Pitelet, président de Moons’factory et auteur du livre « Le Prix de la confiance » voient la génération Z comme une « bombe à retardement » à laquelle les entreprises doivent s’adapter.


Les Ressources Humaines doivent alors prendre une place centrale dans l’entreprise afin d’anticiper la révolution du monde du travail qui est en marche à travers la génération Z. Lors des recrutements, des critères traditionnels (expériences, diplômes, écoles spécifiques) comptent toujours mais sont de plus en plus accompagnés par des critères moins objectifs que l’on nomme les « soft skills ». Bon nombre de jeunes arriveront sur le marché de l’emploi avec des « hard skills » plus ou moins équivalents. Ce ne sont plus le curriculum vitae ou la lettre de motivation qui comptent mais bien le candidat dans son entièreté. Le défi des ressources humaines sera donc de découvrir les talents de demain. Aujourd’hui, 52% des DRH accordent autant d'importance aux soft skills qu'aux hard skills, en tenant compte de l'autonomie, la créativité, l’ouverture d’esprit, la positivité et la polyvalence du candidat.


Néanmoins, le défi des recrutements ne s’arrête pas là. Christophe Catoir, président du Groupe Adecco France explique que lors d’une réunion avec une quinzaine de PDG, à la question « quelle était votre problématique numéro un pour générer de la croissance ? » tous ont répondu : recruter. Les RH font donc face à un défi majeur: un recrutement réussi. La génération Z veut une relation plus humaine dans l’entreprise comme dans le recrutement. Par exemple, le distributeur Boulanger a lancé une campagne de recrutement sur Twitter avec un message simple « Pas de CV, une personnalité ! ». Les entreprises doivent à la fois proposer un projet percutant qui fait sens et innover afin de retenir les talents.


Pour attirer la génération Z, les entreprises doivent intégrer de nouveaux processus de recrutement fondé sur la culture d’entreprise et le bien-être au travail, sans omettre d’adapter leur écosystème à la culture numérique dans laquelle elle a baigné. De nouveaux codes de l’emploi et un nouveau style de management se forment avec la génération Z. Les entreprises doivent être prêtes à ce changement qui risque d’être majeur.



Pour amorcer ce changement, ESCadrille Toulouse Junior Conseil propose une nouvelle approche autour de la gestion des ressources humaines afin d’offrir aux clients des solutions dans ce domaine. Dans ce sens, ESCadrille propose un accompagnement au recrutement pour les entreprises. Cette prestation s'étend de l'aide à la définition du poste à la caractérisation du profil recherché en passant par la présentation du candidat adéquat. Ainsi, l'entreprise pourra attirer les talents de demain grâce à un processus de recrutement adapté aux nouvelles générations. En tant que cabinet de conseil étudiant, ESCadrille bénéficie d’un regard en accord avec la génération Z en terme de gestion des ressources humaines .


Finalement, la génération Z représente un enjeu majeur pour les entreprises. Ces jeunes ont des convictions et des envies différentes pour lesquelles ils ne feront pas de concession. S’adapter à l’arrivée massive et rapide de la génération Z passe par un changement dans le processus de recrutement en ouvrant la porte aux jeunes talents pleins de créativité et de soif d’expérimenter et d’apprendre.


Pour plus d’informations : https://www.escadrille.org/fr/solutions/ressources-humaines