Les déboires du Boeing 787 Dreamliner et leur impact sur la compétition Airbus/Boeing

Partager

Le Boeing 787 Dreamliner est le dernier né de l'avionneur américain Boeing. Il s'agit d'un nouvel appareil long courrier qui est prévu pour remplacer le 767 à terme. Contrairement à l'A380 d'Airbus, il ne se distingue pas des autres avions de se catégorie par sa taille, mais par sa consommation de carburant théoriquement inférieure de 20% aux autres appareils.

La vision du marché diffère entre les deux acteurs. En effet, Airbus, avec l'A380, tabe sur un réseau de hubs reliés entre eux par des gros porteurs, à partir duquel les liaisons régionales sont assurées par des moyens courriers vers des aéroports plus petits. Boeing a lui fait le choix du point à point. Ainsi le 787 est conçu pour effectuer des liaisons directes d'une ville à autre autre sans passer par des correspondances dans les hubs. Ces particularités ont suscité un vif intérêt de la part de plusieurs compagnies aériennes.

Ainsi, Boeing a engrangé un grand nombre d'intentions d'achat et de commandes fermes (851 fin 2010). Devant ce succès, Airbus a lancé un appareil directement concurrent : l'A350XWB, qui engrange également un nombre important de commades (520 commandes fermes), mais qui n'arrivera sur le marché qu'en 2013.

Par ailleurs, l'avionneur européen a récemment décidé de remotoriser son avion phare, l'A320, afin de réduire la consommation de kérosène de ce dernier, preuve que la question de la consommation de kérosène est devenue centrale sur le marché de l'aéronautique.

Néanmoins, le développement du 787 s'avère plus compliqué que prévu.A l'instar de l'A380 dont la conception avait connu quelques déboires, le Dreamliner accumule les retards et les difficultés. La dernière en date est un incendie élecrtique qui s'est déclaré en plein vol d'essai et a entraîné la mise hors-service de la majorité des instruments électroniques de bord. De ce fait, la quasi-totalité du logiciel de gestion de l'electricité à bord doit être réécrite avant que la FAA (l'équivalent américain de la Direction Générale de l'Aviation Civile DGAC) n'autorise la reprise des vols d'essai. Un tel incident reporte de plusieurs mois le calendrier de livraison, la première devant initialement avoir lieu en jui pour le compte de la compagnie japonaise All Nippon Airways.

Malheureusement, ce n'est pas le seul problème auquel est confronté Boeing. EN effet, l'aviation doit être équipé entre autre, de réacteurs Rolls Royce Treent 1000, modèle qui n'est pas entièrement au point et qui doit subir des vérifications suite aux problèmes rencontrès sur le moteur dont il est dérivé, le Trent 900. C'est en effet ce dernier modèle de réacteur, équipant l'A380, qui avait pris feu lors d'un vol de la compagnie australienne Quantas vers Singapour au mois de novembre dernier.

Boeing a donc annoncé un nouveau retard sur son planning de livraison, les premières étant maintenant annoncées pour 2012, alors que la première livraison théorique devait avoir lieu en mai 2008. Les conséquences de ces difficultés, outre les pertes financières colossales, dues aux pénalités de retard, est une certaine perte de crédibilité de l'avionneur américain.Pour l'instant, peu de désistements ont été déplorés par Boeing mais à terme on peut envisager que certaines compagnies se rétractent pour s'orienter vers l'A350XWB d'Airbus. De plus à l'avenir les compagnies pourraient davantage s'orienter vers l'appareil européen, si celui-ci ne rencontre pas à son tour des difficultées. De manière générale, ce nouveau retard crée une publicité négative pour Boeing dans sa compétition féroce avec Airbus pour la place de premier construction aéronautique civil.

Néanmoins, il faut noter les bonnes performances de Boeing sur l'année passée qui a engrangé plus de commandes que son rival européen (369 commandes pour Airbus contre 480 pour Boeing), après deux années dominées par Airbus. Des bons résultats nuancés par les livraisons d'Airbus, qui demeurent plus élevées que celles de Boeing (plus de 500 pour Airbus contre 462 pour Boeing). Il faut aussi rappeler les difficultées de moteur. Déjà citées plus haut, sur plusieurs A380 qui ont récemment frappé Airbus. Ainsi, Airbus rencontre également des difficultés qui risquent de lui porter préjudice dans sa compétition contre Boeing.

La course au leadership mondial des avionneurs reste donc très ouverte en cette nouvelle année 2011...