Le Météor un succès européen

Partager

La direction générale de l'armement (DGA) a récemment notifié une commande de 200 missiles à longue portée Météor pour le compte de l'armée française. En plus de l'armée française, l'armée britannique, l'armée allemande, l'armée italienne et l'armée suédoise devraient se doter de Météors.Ces nouveaux missiles hautement performants équiperont les rafales et les mirages 2000 de l"Armée de l'Air et de la Marine à l'horizon 2018. Les premières livraisons pour le compte de la Grande Bretagne, elles, commenceront en 2012.

Le Météor conçu et développé par MBDA, détenu à 37,5% oar EADS, 37,5% par BAE Systems et 25% par Finmeccanica est une vraie réussite technologique. Doté d'une portée de plus de 100Km avec une NEZ (no escape zone) de l'ordre de 60km, ce missile est particulièrement performant. EN effet, aucun missile existant ne possède une zone de destruction théorique assurée aussi grande. Pour permettre des tirs de l'ordre de 50 nautiques (80km) il utilise un guidage radar actif, c'est-à-dire qu'il dispose de son propre radar qui le guide vers sacible et est muni d'un statoréacteur lui permettant de se déplacer à une vitesse de Mach 4 (4500km/h).

Il faut néanmoiins relever quelques inconvénients. D'autre part, le fait qu'il nécessite une vitesse de lancement élevé ce qui représente une contrainte d'emploi importante et d'autre part son coût élevé (de l'ordre de 1 million d'euros). De ce fait, ce missile est en particulier destiné à la destruction de cible à haute valeur, tel que des AWACS ou des tankers, par exemple.

Le maître d'oeuvre de ce proejet est MBDA UK auquel sont associés MBDA-France, Saab, MBDA-Italie et INMIZE en Espagne. C'est donc réellement sur la base d'une coopération européenne qu'a été réalisé ce missile.

Il est également intéressant de noter qu'il est conçu pour équiper les F35 LIghtning II britanniques. De ce fait le Météor est théoriquement compatible avec les F35 américains. Or les Etats-Unis n'ont rien de comparable au Météor, les derniers missiles longue portée AIM-54 Phoenix ayant été retirés du service récemment. On peut donc envisager que les Etats-Unis n'ont se montrent iintéressés par ce concept. Cette coopération portée par MBDA pourrait ainsi se transformer en success story comparable à celle qu'a connu Eurocopter avec l'AS 250 écureuil, vendu à près de 4000 exemplaires dans le monde. Plus globalement, on a ici la démonstration que l'Europe a la capacité de mener à bien des projets très complexes et de les rendre viables lorsqu'elle parvient à mettre en place des alliances et des partenariats industriels cohérents.

Pour rester compétitif et garder son savoir-faire en matière d'aéronautique et de défense, les pays européens ont tout intérêt à se regrouper. En effet, les budgets de défense des pays européens sont limités et ne permettent pas forcément aux entreprises du secteur de pouvoir compter sur les commandes nationales pour développer et rentabiliser des produits de très haute technologie. Les difficultés de Dassault aviation avec le Rafale ou celles de BAE avec son char Challenger le montrent. Ces produits doivents en plus faire face à la concurrence des autres produits européens souvent très proches techniquement, confrontés aux mêmes problèmes et qui sont eux aussi proposés à l'export. Néanmoins, du fait de leur petite taille, elles ne rivalisent que difficilement avec leur concurrents américains ou russes.

A l'inverse, les regroupements industriels, tel que celui qui a conduit à la formation d'Airbus ou de EADS, ont généralement de bonne chance de succès s'ils sont conduits de façon pragmatique et avec les financements adéquats.

Catégories :