Portrait d'Alumni : Thomas Cardenas

Partager

Premier homme interviewé, le Président du mandat 2010 d’ESCadrille se confie et nous dépeint les retombées de ses enseignements au quotidien, sur le plan humain comme professionnel.


Quel a été votre parcours professionnel depuis votre diplôme jusqu’à votre poste actuel ?

J’ai commencé par de l’audit et du conseil, principalement chez PWC. J’ai ensuite été sélectionné dans un programme de “haut potentiel” qui permettait de varier les missions. Je suis intervenu chez des clients en Assurance et réassurance dont quelques mois de consulting. Je suis resté 5 ans chez PWC, à la suite de quoi, spécialisé dans l’assurance, j’ai rejoint Crédit Agricole Assurances (PREDICA) en qualité de responsable du pilotage solvabilité II. Aujourd’hui, j’ai rejoint Humanis, un groupe de protection sociale Leader sur ce marché en qualité de responsable d’un pôle œuvrant sur les placements (comptabilité, middle - office).


De quel mandat avez-vous fait partie et quel était votre poste ?

J’ai fait partie du mandat 2010, et j’en étais le Président. Avant quoi, j’étais Vice-Trésorier.


Comment était structurée l’association ? Quels étaient les pôles ? Comment était l’activité (CA) ?

La nouveauté de mon mandat était de donner de nouvelles responsabilités fonctionnelles aux membres via la création de pôles d’activités. J’avais pour ambition de faire en sorte que nos pôles de compétences soient distincts des pôles opérationnels, et c’était d’ailleurs sur ce point que j’avais basé ma stratégie. J’avais donc créé des business units et pris soin de désigner des chefs de projets dédiés à ces derniers pour développer des offres, dans des domaines variés allant de l’Aerospace à celui du Webmarketing. Nous avions d’ailleurs développé un partenariat avec l’ENAC pour la BU Aerospace.

Concernant l’activité, nous étions à l’époque dans une phase de reconquête et notre chiffre d’affaires avait atteint les 140 000 euros. Je me souviens que cette tendance s’était maintenue avec le mandat de Thibault Oulès, dont le CA était supérieur.


Quelle était l’image de la J.E. à l’époque ? Pourquoi vouliez-vous la rejoindre ?

L’image de la J.E. était bonne, nous étions dans un contexte où elle était bien vue, ce qui était presque un renouveau : bien vue par l’administration d’une part, et par les autres associations d’autre part. Nous étions par exemple bien insérés auprès de la Fédération des Associations : plutôt bons élèves sur les diverses réunions qu’elle organisait, nous participions volontiers aux fonds généraux sans demander grand-chose, et une certaine considération réciproque s’était installée.

En passant mes oraux à TBS, j’avais déjà avancé le fait que rejoindre la J.E. m’intéressait énormément. Au départ, c’était plutôt une posture, mais par cohérence, je m’étais renseigné davantage sur le fonctionnement d’ESCadrille et avais beaucoup aimé l’idée de développer de nombreuses compétences en intégrant une association. Ces compétences sont d’ailleurs en réalité transverses à toutes les associations, notamment celles de management : je trouve très intéressant de réussir à embarquer les gens dans une stratégie commune, ce qui est aussi valable lorsqu’on s’engage dans une campagne associative ! Je m’étais aussi particulièrement bien entendu avec le Président de l’époque, puisque les entretiens n’étaient pas aussi formels qu’aujourd’hui (changement pour le meilleur et que j’en suis très fier !).


Qu’est-ce que vous avez adoré et détesté chez ESCadrille ?

Je n’ai absolument rien détesté à ESCadrille ! Ce qui était peut-être un peu difficile était qu’en tant que Président, il fallait énormément s’investir et que la scolarité en pâtissait quelque peu. Suivant un double-diplôme DSCG, j’ai réussi à tout valider en temps et en heure, mais parfois avec peine : je passais en effet énormément de temps au local, les trois-quarts de la journée pour faire simple, et j’allais accessoirement en cours…

Qu’est-ce que j’ai adoré ? J’ai tout adoré ! Le fait d’évoluer avec des personnes qui deviennent rapidement de bons amis, de construire une association et d’avoir des projets novateurs comme les Business units, qui nous tenaient à cœur et que nous avons réussi à déployer, ou encore le partenariat avec l’ENAC qui était très intéressant.

J’ai aussi beaucoup aimé le caractère opérationnel des missions de la J.E., mais aussi les relations avec les clients dont je garde des souvenirs géniaux.


Quels sont vos meilleurs et pires souvenirs / anecdotes ?

Il n’y a pas de honte à avoir : quand on est en Junior-Entreprise, c’est exactement pareil que lorsqu’on est chez PWC ou ailleurs : on arrive parfois avec peu de connaissances dans un domaine, et on parvient quand même, à force de travail et d’intelligence « pratique », à monter des rapports et faire des choses intéressantes. Je me souviens d’une étude menée avec l’ISAE Supaéro pour Thalès, confidentielle à l’époque, dont l’idée était de réfléchir, sur les plans ingénieur et commercial, aux usages qu’on pourrait faire d’un satellite personnel s’il valait 40 millions d’euros et que l’on pouvait le vendre à n’importe quel individu. L’étude avait été assez bien vendue et nous en étions particulièrement fiers. Huit ans après, je me souviens encore de l’ambiance des soutenances, des ateliers de travail, de la visite par Thalès des salles blanches où les satellites étaient préparés… Que de beaux souvenirs !

J’ai quelques anecdotes en tête, mais je ne vais pas toutes les citer… (rires) Plus sérieusement, en milieu d’année, j’avais fait rentrer une bonne connaissance à moi au sein de la J.E. Pour se rendre utile, il avait entre autres pour mission de refondre notre process d’achat. Il avait donc changé de fournisseur pour le tout-venant, et avait profité d’une offre sur du papier toilettes : je crois que nous en avions pour 10 ans. Le stock était tellement important qu’il ne tenait même pas dans les étagères réservées aux toilettes… Je me souviens encore, et je pense que c’est le cas de tous les membres de mon mandat, du jour d’arrivage de tout ce papier et de nos interrogations sur ce qu’on allait bien pouvoir en faire, même si lui défendait bec et ongles que ça avait été une opération très intelligente ! (Rires)


Qu’avez-vous tiré de votre expérience à ESCadrille ? Cela a-t- il guidé vos choix de carrière ?

J’en ai tiré énormément de choses, et je m’en rends encore compte aujourd’hui. Je dois à la J.E. un certain pragmatisme : je pense que lorsque l’on apprend à faire des missions, on apprend à se confronter à de nouveaux secteurs que l’on ne connait pas à la base, comme tout consultant à qui on pose une question dont il ne connait pas la réponse avant de s’être mis au travail ; ce qui est très formateur. Grâce à cette expérience, j’ai acquis plus rapidement une certaine maturité puisque j’avais eu la chance d’être confronté à cette problématique qu’est la compréhension d’un besoin client, la transformation en offre et l’accompagnement de tout ce processus. Dans ma carrière d’audit, cela m’a permis d’être aussi bon auditeur que consultant, voire même meilleur consultant.

Encore aujourd’hui, c’est ce qu’il faut véhiculer auprès des jeunes générations comme vous ! Il faut être assez fier de ce que l’on fait dans ce genre de structure, puisqu’on a l’impression de partir à l’aventure, mais que c’est en fait le cas pour tous les cabinets de consulting, professionnels ou étudiants.

En J.E., on bénéficie d’une expérience extrêmement enrichissante, qui l’est même plus que dans un cabinet professionnel où l’on arrive Junior 1 parmi tous les Juniors 1, ce qui m’avait personnellement interpellé à mes débuts. Je me sentais en effet plus challengé quand j’étais en J.E. C’est donc une expérience qui est loin d’être anodine puisqu’elle peut s’avérer être aussi voire plus structurante qu’une première expérience d’entreprise.


Avez-vous des conseils pour nous, nouvelles recrues ?

Il faut continuer à faire perdurer cet esprit d’entreprise présent au sein de la J.E., c’est-à-dire continuer à agir avec sérieux et responsabilité sans surjouer ce côté entreprise et n’en prendre que le meilleur, i.e. une certaine rigueur et approche dans les mécanismes et processus, parce que je pense que c’est très utile dans la suite d’une carrière. Continuez donc à travailler comme vous le faites ; ce qui s’est d’ailleurs bien vu lors de vos 40 ans ! Bravo à votre équipe d’avoir mené cet événement d’une main de maître.

Profitez donc de cette expérience pour vous construire, pour apprendre et même faire des erreurs, puisqu’elle vous marquera pour le reste de votre vie et pas seulement de votre carrière. Il s’agit d’une expérience humaine avant tout, d’un petit laboratoire d’expérimentation pour des jeunes gens qui sont certainement amenés à avoir une belle carrière et qui essayent des choses, se jaugent dans le management ou encore la relation client.

Catégories :